La guerre des idées : enquête au coeur de l’intelligentsia française (1)

« Le débat est-il encore possible en France à l’heure des anathèmes, de la guerre des genres, de la cancel culture et de l’hystérisation de la polémique? »

Après avoir mis en lumière les misères et ravages du néo-féminisme contemporain dans ses deux précédents essais, la journaliste et essayiste Eugénie Bastié change de style et dévoile La Guerre des idées. Fruit d’un travail d’enquête fouillé et palpitant, la jeune essayiste a sillonné, durant près de trois ans, la majeure partie du monde intellectuel français. Elle dresse alors aux lecteurs un panorama exhaustif et actualisé des débats et lignes de fracture de l’intelligentsia française. Dans ce champ de bataille idéologique, elle décrit un paysage morcelé en pleine ébullition, mais plus riche que jamais. 

D’une plume affutée et limpide, Bastié revient sans compromis sur les thèmes majeurs et enflammés du monde intellectuel français. Elle fait ainsi l’état des tremblements de terre qu’a connu le milieu intellectuel des dix dernières années. La radicalisation du discours féministe, « l’éternelle bataille entre historiens nationaux et multi culturalistes», le sempiternel débat sur la laïcité et l’émergence d’un nouveau populisme intellectuel, tout passe au prisme d’une réflexion aussi clairvoyante que pédagogue. 

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Après avoir succinctement dépeint l’ambiance du milieu intellectuel français, Eugénie Bastié revient entre autres sur le phénomène de l’ère du clash numérique et médiatique et pose la question suivante : « A l’âge du retweet, du like, du follow et de l’omniprésence des médias en continue, lintellectuel peut-il encore avoir un rôle dans la cité ? ».

Le début du 21e siècle marque la fin des médias traditionnels et l’avènement des réseaux sociaux. En 2005, Régis Debray appelait déjà ce nouvel âge « l’hypersphère ». En effet, ce nouvel écosystème se caractérise par « l’horizontalité totale du débat public». À présent, tout un chacun peut revêtir le rôle qu’avaient autrefois les intellectuels en critiquant, dénonçant et s’indignant des phénomènes de notre temps. Désormais, avec « les réseaux sociaux, le « J’accuse » est а portée de smartphone et les Zola sont partout ». 

Loin de favoriser la tempérance, l’ouverture et l’esprit critique, ce phénomène du numérique va au contraire entretenir et exacerber les lignes de fracture, en cloisonnant les individus dans des algorithmes préconçus. La vie des idées s’adapte désormais au rythme effréné des polémiques et semble soumise à la tyrannie de la mode et du flux permanent des idées.

 Dans ce contexte, l’intellectuel a perdu le monopole de la médiation et n’est plus l’unique porte-parole de la pensée du temps. Paradoxalement, ce phénomène de «l’hypersphère » a ravivé le monde des idées et du débat. Contrairement à la parenthèse enchantée des années 1980 à 1990, Bastié met en évidence un retour des idées dans un monde rempli d’antagonisme, où l’intellectuel peut encore jouer ce rôle fondamental dans le débat public et apporter une vision aux phénomènes de notre époque. 

Maxime Langlade

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