« Be happy »: sois heureux et tais-toi

 « Soyez positif ! Apprenez à être heureux ! » Telle est la maxime que la psychologie positive proclame depuis plusieurs décennies. En quoi est-elle tyrannique et fausse-t-elle notre compréhension du bonheur? Un essai éclairant, Happycratie, nous l’explique.

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Développée aux États-Unis sous l’impulsion de Martin Seligman et Richard Layard, cette psychologie se targue d’être un chemin nouveau et alternatif à la psychologie traditionnelle. Celle-ci présente le bonheur comme une notion purement objective, universelle et quantifiable, ayant vocation à s’élargir au marché international.  

            Dans ce contexte, les chantres de la psychologie positive ne se contentent plus   «de décrire ce que devrait être, à leurs yeux, le bonheur », mais prescrivent avec un zèle non dissimulé ce que devait être une bonne vie. Désormais, le bonheur constitue une charge à laquelle l’homme doit se plier. Il doit, dès à présent, répondre aux multiples sommations « de contrôle des émotions et sentiments négatifs » et s’inscrire par ailleurs dans une quête effrénée au bien-être et à un bonheur maximisé.

            C’est donc au travers d’un essai aussi brillant que stimulant, qu’Edgar Cabanas et Eva Illouz explorent et dénoncent les fondements idéologiques ainsi que l’influence croissante de ce qu’ils qualifient de « tyrannie du bonheur ». Ainsi, on constate que la psychologie positive s’est progressivement transformée en une véritable industrie , qui a explosé au travers des thérapies et du développement personnel. 

            Ensemble, Edgard Cabanas et Eva Illouz tentent de décrypter cette nouvelle frénésie positiviste en mettant en évidence la suffisance et les dangers que représentent ces autoproclamés de la science du bonheur. Ils contestent ainsi, sans prétention, l’idée que le bonheur serait  scientifiquement mesurable et objectivable. Par ailleurs, ils discutent de leurs méthodes bien souvent disparates et ambiguës, ainsi que « des résultats peu concluants et contradictoires » qui en découlent.

            Par de fines observations sur l’impact économique et politique de ce phénomène, les deux auteurs vont tour à tour mettre en lumière l’influence, plus que notable, de la psychologie positive dans notre société. En effet, ils démontrent que ce phénomène s’est peu à peu institutionnalisé et s’est immiscé progressivement dans les structures et fondements de notre économie et politique actuelle. A l’instar du PIB, le bonheur est devenu un véritable outil et indicateur permettant de mener les différentes orientations politiques et économiques de nos sociétés néolibérales.

            Ainsi, Edgar Cabanas et Eva Illouz s’attaquent avec brio à cette « dictature du bonheur » en nous proposant une grille d’analyse, de lecture claire et convaincante. Transversal et documenté, l’ouvrage offre au lecteur la possibilité de discerner les enjeux plus qu’alarmants de ce phénomène.

Maxime Langlade

« Au jour du bonheur, sois heureux, et au jour du malheur, réfléchis: Dieu a fait l’un comme l’autre, afin que l’homme ne découvre en rien ce qui sera après lui » (Ec 7.14).

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