Bernard Cottret (1951-2020)

Avec la disparition de Bernard Cottret, la Librairie Jean Calvin perd l’un de ses amis de la première heure. C’est une tristesse. Son soutien avait été constant depuis, y compris pour la naissance de Calvin éditions, qu’il encouragea vivement. Bernard ne faisait pas mystère de sa foi. Il affirmait notamment : « Je suis devenu protestant, mais on ne devrait pas dire que l’on se « convertit » au protestantisme. C’est à Jésus-Christ que je me suis converti. »

Spécialiste de la Réforme et de la civilisation britannique, il laisse des livres vivants et décisifs pour la connaissance du protestantisme, dont voici quelques uns :

  1. Bernard Cottret aimait le genre biographique. Il s’était attaché à Calvin et en avait donné un portrait équilibré, restituant toute la complexité du personnage et de la période, en historien, au-delà de la « légende noire » : Calvin. Une biographie, Jean-Claude Lattès, 1998.
  2. Parmi ses textes préférés se trouvait les Mémoires d’une famille huguenote de Jacques Fontaine. Il édita ce témoignage-source aux Éditions de Paris – Max Chaleil en 2003 sous le titre Persécutés pour leur foi, Mémoires d’une famille huguenote, magnifiant par sa présentation (« La Providence dans le texte ») les souffrances et la résilience d’une tribu protestante en exil.
  3. Protestantisme et Lumières. Ce premier couple qui structura ses recherches le conduisit à plusieurs livres en commun avec Monique, sa femme, spécialiste du XVIIIème siècle. Au moment de sa mort, ils travaillaient ensemble à une histoire des Lumières. Le personnage qu’il affectionnait et qui incarnait cette polarité était bien sûr Jean-Jacques Rousseau. Leur biographie à deux mains et une seule voix est une référence : Jean-Jacques Rousseau en son temps, Perrin, 2005.
  4. Réforme et Révolution. Ce second couple a été mis en valeur dans le volume de mélanges qui lui a été offert en 2012 sous la direction de Bertrand Van Ruymbeke (Réforme et Révolutions, hommage à Bernard Cottret, Éditions de Paris-Max Chaleil). Sur le sujet, Révolution anglaise et Révolution américaine ont donné lieu à plusieurs épais volumes : La révolution anglaise (1603-1660), Perrin, 2015 ; La glorieuse révolution d’Angleterre, 1688, Gallimard, 2013 ; La révolution américaine, Perrin, 2012.

Notre affection se porte cependant vers deux autres livres. Le premier, que nous recommanderons à ceux qui veulent un aperçu de la plume, de l’humour et des préoccupations de Bernard Cottret : La République et le Royaume, L’héritage protestant (XVIe-XVIIIe s.), Éditions de Paris-Max Chaleil, 2012. L’on lira (les habitués de la lecture de Cottret auront reconnu ce tic d’écriture et marque de fabrique : « L’on »!) aussi son Histoire de la Réforme protestante (Perrin, 2010 pour le poche) qui n’est peut-être pas le meilleur, mais l’un des plus agréables à lire. Il s’agit en réalité d’une triple biographie (Luther, Calvin, Wesley) qui a le mérite d’étirer la Réforme jusqu’au Réveil et d’élargir l’espace géographique à l’Amérique, terre d’élection du protestantisme.

Stéphane Zehr

 

 

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