Boire et manger devant Dieu

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La nourriture est, sur différents plans, révélatrice de notre rapport à Dieu et aux autres. Dans ce petit livre de théologie biblique, Isabelle Olekhnovitch fait le point sur les relations entre croire et manger. 

C’est au sein de la très bonne collection « Eclairages » (Excelsis) que paraît cet ouvrage dont première phrase dévoile le but de l’auteur : « A l’heure où les médias rabâchent à leur public à la fois les dangers de l’obésité, les bienfaits du jeûne, des omégas 3 et du bio, il peut être bon de rechercher ce que le Seigneur nous a enseigné. »
Revenir à l’enseignement scripturaire sur la manière de s’alimenter devant Dieu. En 140 pages, sont traités tous les points alimentaires abordés dans les Ecritures. Par souci de pédagogie, l’auteur découpe son texte en 3 parties :
1/Boire et manger devant l’Eternel dans l’AT
2/La liberté chrétienne dans le NT
3/La sobriété
La première partie pose le cadre par l’étude du récit de la création ; le texte biblique nous ramène à ce que Dieu et sa créature sont. Dieu est celui donne, l’homme est celui qui doit se nourrir pour vivre. La nourriture donnée à l’homme exprime sa nature d’être créé, dépendant de son créateur et le conduit à demeurer dans l’humilité et la reconnaissance. Puis l’auteur « déroule » son étude en traitant : le repas d’alliance, les repas sacrificiels, le repas de la Pâque, les festins, l’aumône, le jeûne, l’hospitalité, le vin…La description qu’elle donne du rapport que Salomon, Daniel et Jean-Baptiste ont eu à cette activité essentielle de la vie humaine dans des contextes propres à leur vocation, replace le lecteur devant sa propre expérience et le pousse à réfléchir à sa conduite. Dans cette première partie, son approche de l’expression « manger et se rassasier » (qui revient plusieurs fois dans le Pentateuque et en particulier dans le Deutéronome) mérite l’attention.
La seconde partie dont le cadre est donné par le Nouveau Testament s’ouvre par la liberté radicalement nouvelle dont le croyant jouit au regard de l’oeuvre de Christ. Le lecteur est replacé devant l’expérience de Pierre (Actes 10), les ordonnances imposées au concile de Jérusalem (Actes 15) avant d’être confronté aux cas de l’Eglise primitive et ses problématiques : les viandes sacrifiées aux idoles, les hérétiques de Colosses, le rapport forts/faibles de Romains 14. Puis, l’auteur développe les différents aspects du repas dans le Nouveau Testament afin que le lecteur puisse en tirer instruction : Jésus à table ; le service à table ; les miracles du Christ (l’eau en vin, les pêches miraculeuses, les multiplications des pains et poissons) ; l’institution de la Cène ; le repas avec le ressuscité ; la pratique de la cène dans l’Eglise ; la prière à table ; le festin messianique ; l’hospitalité. La question de l’aumône et du jeûne vient clôturer cette seconde partie. Sa position sur le jeûne est inattendue. On aurait pu croire, de par son parcours et son milieu religieux qu’elle en aurait défendu la pratique. Or, il n’en est rien ! Après une étude biblique détaillée où elle met en garde contre les dangers religieux d’un attachement à cette pratique qui n’est rien d’autre qu’une ornière de la piété pharisienne et dans laquelle l’Eglise chrétienne est vite tombée, elle conclue : le jeûne est une forme de piété juive que des chrétiens d’origine juive ont continué à pratiquer après leur conversion, associée à la prière, mais sans jamais l’enseigner. Sa position fait débat mais mérite qu’on la connaisse.
Enfin, l’auteur termine en abordant la sobriété. Tout en rappelant que cette notion biblique est aussi partagée par la philosophie grecque qui la lie à la notion de mesure et de sagesse, elle dénonce la confusion qui existe aujourd’hui entre la sobriété et l’ascétisme qui pour sa part conduit aujourd’hui à une kyrielle de disciplines opposées à l’enseignement de la Bible (véganisme, végétarisme…) et à des combats politiques auxquels peuvent s’adonner malheureusement certains croyants (comme la cause animale).
Quelle est donc la spécificité de la sobriété chrétienne ?
Au travers des textes néotestamentaires, l’auteur affirme 1/que la sobriété relève d’un don de l’Esprit – la maitrise de soi – qui doit s’exercer dans tous les domaines de la vie du chrétien et donc aussi bien dans son comportement alimentaire ; 2/que Jésus et Paul lui donnent une
finalité eschatologique : maintenir l’esprit en éveil pour être vigilant.
De par sa formation, l’auteur recourt régulièrement aux langues originales sans toutefois
en abuser. Bon ouvrage de théologie biblique, il enrichira notre compréhension de certains
textes et ouvrira des pistes pour des études bibliques ou des prédications.
Jonathan Monnier
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