La « cause animale », dangers et dérives

Repéré grâce au blog de Sébastien Fath, ce livre de synthèse grand public (100pp) examine un phénomène social qui prend de l’ampleur : la « cause animale ». Ce mouvement lutte à la fois contre les maltraitances envers les animaux, mais également pour une redéfinition philosophique et juridique de leur statut.

Avec la rigueur du scientifique (et de son expertise d’anthropologue spécialiste des rapports homme/animaux), Jean-Pierre Digard montre trois choses destinées à nous faire réfléchir.

 

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1)D’abord, comment cette nouvelle sensibilité aux animaux s’est imposée depuis le début du XIXème siècle. De la naissance de la SPA aux dessins animés de Walt Disney, l’animal s’est « humanisé » (parole, sentiments, vêtements…) Sous l’influence conjuguée du panthéisme romantique (tout ce qui vit a une âme) et des luttes sociales (émancipation des femmes, des ouvriers…), on en est venu à penser l’animal comme une autre victime de la domination humaine. Ces derniers sont désormais perçus sur le mode sentimental, et, quelle que soit leur catégorie (animaux de rente, sauvage, domestiqué), sur le mode de « l’animal de compagnie ».

 

2)L’auteur fait ensuite un point sur les évolutions juridiques du statut de l’animal. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’animal n’est pas considéré par le droit comme une « chose ». Il fait partie des « biens meubles », il est un « objet de droit » et un certain nombre de devoirs à son égard ont été introduits. Mais les « animalistes » veulent aller plus loin encore, et cherchent à ce que l’animal soit reconnu comme une « personne » et un « sujet de droit ». Certaines pratiques sont visées : la chasse, les expérimentations, les abattages rituels, l’élevage intensif, etc. et une nouvelle catégorie a vu le jour : le « bien-être animal ». Cette mutation irrationnelle est critiquée par l’auteur : le bien-être est subjectif et la subjectivité de l’animal nous est inaccessible.

3)Enfin, l’auteur dénonce la radicalisation du mouvement, en particulier du véganisme et décrypte les stratégies mises en œuvre par le mouvement pour parvenir à ses fins, qui ont tous les traits de la dérive sectaire. Aux Etats-Unis, le mouvement est considéré comme le plus dangereux après l’islamisme (attaque au siège de YouTube par ex.). « Une analyse stimulante qui nous rappelle que les dérives sectaires et les nouvelles religions radicales continuent à se recomposer en ce XXIe siècle ultramoderne et déroutant », écrit Sébastien Fath.

 

En ce qui nous concerne, les arguments de ce livre nous intéressent car ils touchent aussi la doctrine de l’homme et de la création.

Ces évolutions, en effet, vont plus loin que de seulement réclamer plus d’humanité envers les animaux et de meilleurs traitements ; elles bouleversent les rapports de l’homme à l’animalité, mais aussi à sa propre humanité, de plus en plus diabolisée. Ceux que l’on appelle aussi « anti-spécistes » parlent aujourd’hui « d’animaux humains » et « d’animaux non-humains », anéantissant la distinction fondatrice, et, précise-t-il, civilisatrice, entre homme et animal.

D’un point de vue spirituel, les doctrines qui nient le « propre de l’homme », sa dignité spécifique d’être « créé à l’image de Dieu » sont à considérer comme démoniaques. En effet, le démoniaque est aussi ce qui, sur le plan de la pensée, veut détruire l’homme, le déconstruire, le déshumaniser. Le démon est celui qui par essence hait l’homme et cherche à le détruire. Les conséquences sont graves : en se dénaturant lui-même sous l’inspiration d’une pensée qui n’est que folie (Rm 1), l’homme se trouve livré à ses instincts corrompus qui lui sont nuisibles :  «sous l’amour de la Nature, la haine de l’homme. » A l’inverse, Christ, le nouvel Adam, est devenu homme pour que par sa médiation, l’homme soit recréé selon son modèle parfait. Car comme le dit Calvin, l’œuvre de la régénération est justement de reformer en l’homme, par Christ, l’image de Dieu que le péché a abimée :

« Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l’Esprit. » 2 Co 3.18

Jean-Pierre Digard, L’animalisme est un anti-humanisme, Paris, CNRS éditions, 2018 -14€

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