La Loi du Sang – Penser et agir en nazi

Devant l’ampleur et le caractère inédit des crimes nazis, les historiens butent sur la causalité profonde, qui reste obscure. Johann Chapoutot s’est plongé dans un immense corpus (juridique, scientifique, cinématographique…) pour saisir les théories qui ont fait de la race le fondement du droit et la justification des pires atrocités. Gérald Géhin vous présente ce livre décisif.

 

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Aux sources textuelles du nazisme

Le XXème siècle a été marqué par les crimes contre l’humanité et les génocides menés par le régime national-socialiste allemand. Le terme Shoah résonne encore aujourd’hui car il résume les affres d’hommes, de femmes et d’enfants soumis à une volonté assumée de les annihiler. Cette ignominie a été commise au nom d’une pensée dévoyée qui a puisé sa justification dans diverses idéologies ayant fleuri au cours des XIXème et XXème siècles. Ce sont ces idéologies mortifères qu’analyse ici l’historien Johann Chapoutot, à partir des diverses sources textuelles et une abondant littérature fantasmatique. L’auteur décrit ainsi les 3 fondements du nazisme, qui rappellent des fondamentaux biologiques : « procréer, combattre, régner ». La pensée nazie s’est nourrie de doctrines en circulation dans l’Europe de cette moitié de siècle mais elle y a agrégé ses propres convictions et sa mythologie.

 

Une conception biologique de la race, contre le judaïsme et le christianisme

L’éclairage apporté par l’auteur révèle un aspect particulier de la philosophie nazie, empreint d’une conception biologique : le peuple germain en tant qu’organisme… Un organisme dont les membres ont été gangrénés par la mixité des sangs mais aussi dont la réalité profonde, intimement liée à la nature, a été totalement pervertie par le christianisme, émanation moderne du judaïsme. Le peuple allemand, germain, trouve ses racines dans un peuple pur, nordique mais les turpitudes de l’histoire l’ont dénaturé. Le projet nazi est donc de ramener le peuple allemand à sa véritable nature, en le débarrassant de ses « oripeaux » issus de la judaïté. Dans la conception nazie, le juif n’est pas un sous-homme, à l’instar des slaves destinés à devenir esclaves, mais bien un « bacille, un microbe » dont il fallait se débarrasser pour assurer la survie de l’organisme. Les exactions commises à l’Est par les commandos de la mort, la mise en place de la solution finale, avaient de commun cette volonté d’éradiquer le « bacille juif ». La pitié n’était donc pas de mise face à une infection.

 

Le nazisme comme vision du monde

Ce livre, issu d’un travail de recherche méticuleux et acéré, est dense car il embrasse de très nombreux domaines dans lesquels la peste brune s’est immiscée : le droit relu à l’aulne de la conception nazie, le retour à la nature et à la morale saine de l’homme germain qui doit se débarrasser des plus faibles, etc. L’utilisation des intitulés allemands s’accompagnent d’un glossaire sur lequel il est possible de revenir. Sa lecture nous ramène à comprendre la vision que les nazies avaient du christianisme qui leur est totalement opposé : la religion d’amour et de pardon a « anémié » l’homme germain. Cette religion, émanation moderne du judaïsme, est abhorrée par les élites nazies : la pitié chrétienne a entravé le caractère du germain dans un tissu de considération du pauvre, du faible qui a mené le peuple allemand quasiment à sa perte. La croix de Jésus-Christ, symbole de la compassion et de l’amour, devait être écrasée par la croix gammée, symbole du nouvel homme germain libéré des entraves éthiques de la foi chrétienne.

 

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