Le football, puissance spirituelle de l’ère du vide (1)

Le sport en général, et le football en particulier, saturent notre espace et notre temps. Impossible d’échapper à l’engouement pour ce spectacle devenu « bruit de fond planétaire » – et les mois qui viennent ne vont rien arranger. Pourtant, rares sont les analyses en profondeur d’un tel phénomène. Le dernier livre de Robert Redeker démonte, pièce par pièce, les mécanismes du succès ; il met ainsi à jour ses implications problématiques pour notre liberté et notre vie intérieure.

 

  1. Le football une puissance spirituelle

Le football a installé sa demeure au centre de la vie. Comment l’expliquer et rendre compte d’un tel attrait ? Pour Robert Redeker, le football est la « fable du monde moderne », c’est-à-dire qu’il raconte ce que nous sommes devenus. Il faut apprendre à le lire, et découvrir ainsi la vérité qui s’y cache.

La particularité du football est d’être un condensé de l’idéologie libérale ; il reflète et intensifie «le fanatisme de la concurrence, de la compétition et de la performance ». En ce sens, il n’est pas un divertissement, au sens pascalien du terme. Chez Pascal, le divertissement était la fuite de l’homme hors de sa condition misérable ; à l’inverse, le football ne propose ni oubli ni alternative à la société marchande ou à la violence des relations dans le monde du travail ; au contraire, il l’intensifie, la célèbre et la justifie auprès des masses.

L’auteur dépasse ainsi une critique traditionnelle du football « opium du peuple ». Certes le voici devenu le cœur d’un système qu’il irradie de son énergie (médiatique, financière, « culturelle »). Certes il « aliène » les individus au capitalisme, en les détournant, par son spectacle, des vraies préoccupations, politiques et existentielles.

Mais l’auteur préfère rendre compte de ce « miracle kitsch » en utilisant le concept, pris d’Auguste Comte, de « puissance spirituelle ». Ce n’est qu’en considérant le système foot comme une « puissance spirituelle » que l’on peut saisir l’étendue de son emprise sur les consciences :

« Le football est le « pouvoir spirituel » des sociétés contemporaines, permettant (en s’appuyant sur toutes technologies médiatisées du divertissement généralisé) la production d’un certain type d’humain disposé à accepter euphoriquement les impératifs de l’économie libérale ». (p.43)

Si, plus qu’un jeu anodin que l’on « aime » ou pas, le foot est effectivement une « puissance spirituelle » (ce que semble confirmer son universalité), la passion qu’il suscite est une idolâtrie. On se rappellera dès lors les multiples avertissements de l’Ecriture : « Petits enfants, gardez-vous des idoles » (1 Jn 5.21).

Lire aussi : La coupe du monde vue par un pasteur, Réforme n°3758

 

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